Feu de forêt : comprendre, détecter, suivre
Mis à jour le
Un feu de forêt est un incendie qui se propage dans la végétation, forêt, lande, maquis ou friche, et que la sécheresse, le vent et la chaleur rendent difficile à arrêter. GISFire en dresse la carte en direct pour le monde entier, à partir des détections satellite de la NASA et des satellites géostationnaires. Cette page explique ce que la carte montre, et ce qu'elle ne peut pas montrer.
Qu'est-ce qu'un feu de forêt
On parle de feu de forêt, ou de feu de végétation, quand un incendie gagne un espace naturel et s'y propage sans contrôle. Le combustible est la végétation elle-même : arbres, sous-bois, herbes sèches, résineux riches en essences inflammables. Trois conditions font qu'un départ devient un incendie : une végétation sèche, du vent qui apporte l'oxygène et pousse les flammes, et un relief ou une continuité de couvert qui laisse le feu courir.
Un feu ne brûle pas une surface d'un coup. Il avance par un front, dont la vitesse dépend du vent et de la pente, et laisse derrière lui un sol noir qui refroidit en quelques heures. C'est ce front chaud que voient les satellites, pas la surface déjà parcourue.
Que faire face à un feu
GISFire n'est pas un outil d'alerte. Une détection décrit une situation déjà vieille de quelques heures, et une absence de détection ne prouve rien. En cas de feu, on appelle les secours : le 18 ou le 112 en France et dans l'Union européenne, le 911 en Amérique du Nord, le 000 en Australie. On s'éloigne du feu dos au vent, on n'emprunte pas les routes qui traversent la zone, et on suit les consignes des autorités locales, qui seules décident d'une évacuation.
Pour prévenir, on respecte les interdictions de brûlage et d'accès aux massifs en période de risque, on débroussaille autour des habitations là où la loi l'impose, et on ne gare pas un véhicule chaud sur l'herbe sèche.
Les causes des feux de forêt
En Europe, plus de neuf départs sur dix ont une origine humaine selon le Centre commun de recherche de la Commission européenne (rapports annuels EFFIS), accidentelle le plus souvent : travaux, mégot, barbecue, ligne électrique, véhicule garé sur l'herbe sèche. La foudre est la première cause naturelle, et elle compte davantage dans les forêts boréales du Canada et de Sibérie, où un orage sec peut allumer des dizaines de foyers en une nuit.
Comment un satellite détecte un feu
Un satellite ne voit pas les flammes, il mesure une température. Les capteurs VIIRS (375 m de résolution, sur les satellites Suomi-NPP, NOAA-20 et NOAA-21) et MODIS (1 km, sur Terra et Aqua) observent l'infrarouge moyen, autour de 4 micromètres, où un feu même petit rayonne beaucoup plus que le sol qui l'entoure. Chaque anomalie thermique devient un point, avec sa puissance radiative en mégawatts, le FRP.
Ces satellites polaires survolent un même point deux à quatre fois par jour, et la NASA publie leurs détections environ trois heures après le passage. Un feu qui démarre à 14 h peut donc n'apparaître sur la carte qu'en fin d'après-midi. Les satellites géostationnaires Meteosat, GOES et Himawari comblent ce trou : ils observent le même disque terrestre en continu, toutes les dix minutes, avec une résolution plus grossière de plusieurs kilomètres.
Les nuages masquent tout. Sous une couverture épaisse ou sous un panache de fumée dense, un feu peut brûler sans qu'aucune détection ne remonte. À l'inverse, une torchère industrielle, un brûlage agricole ou un toit métallique au soleil peuvent déclencher une détection sans incendie de forêt.
Lire la carte des feux actifs
Sur GISFire, chaque point est une détection, colorée selon sa puissance. Les détections voisines dans l'espace et proches dans le temps sont regroupées en foyers, avec un rayon de 2 500 m et un minimum de trois points sur 48 heures. Un foyer a une date de première et de dernière détection, une puissance cumulée et une emprise en hectares.
L'emprise est l'union des empreintes au sol des pixels détectés. Elle majore la surface réellement brûlée : un pixel VIIRS de 375 m vaut quatorze hectares et compte en entier même si seule une lisière brûle. La surface brûlée, elle, se mesure après coup sur les cicatrices Sentinel-2 ou par les services d'incendie, et elle est toujours inférieure.
Autour des détections, la carte superpose les panaches de fumée estimés à partir du vent, le vent prévu, la qualité de l'air, la foudre récente et la position en direct des avions bombardiers d'eau suivis par ADS-B. Une frise permet de rejouer les douze dernières heures, vingt-quatre heures ou sept jours, et un sélecteur de zone recadre la carte sur un pays ou une région.
Où et quand brûle-t-on dans le monde
Chaque région a sa saison. Le pourtour méditerranéen brûle de juin à septembre, avec des pics par vent fort : mistral et tramontane en France, meltem en Grèce, vents de sud en Espagne et au Portugal. Les forêts boréales du Canada, de l'Alaska et de la Sibérie s'embrasent de mai à septembre, souvent sur la foudre, et produisent les panaches les plus étendus de la planète.
L'Amazonie et le Cerrado brésiliens, la Bolivie et le Paraguay connaissent leur saison des feux d'août à octobre, à la fin de la saison sèche, largement liée au défrichement. Les savanes d'Afrique australe et centrale brûlent de juin à octobre, sur des surfaces immenses mais avec des feux d'herbe rapides et peu intenses. L'Australie du Sud-Est vit ses grands feux de décembre à février, l'Asie du Sud-Est de février à avril.
Ces rythmes se lisent sur la carte : au plus fort de l'hiver européen, le monde brûle quand même, en Afrique australe ou en Australie. Les pages par pays ci-dessous donnent la situation des trente derniers jours pour chacun.
Questions fréquentes
- Quelle différence entre feu de forêt et incendie ?
- Un incendie est un feu non maîtrisé, quel que soit ce qu'il brûle. Le feu de forêt, ou feu de végétation, est l'incendie qui se propage dans un espace naturel : forêt, maquis, garrigue, lande, friche ou culture sur pied. La carte de GISFire montre toutes les anomalies thermiques détectées, feux de végétation mais aussi brûlages agricoles ou torchères industrielles, qu'elle ne sait pas distinguer avec certitude.
- Un point sur la carte est-il toujours un feu ?
- Non. C'est une anomalie thermique vue par un satellite. La plupart sont des feux de végétation, mais certaines viennent de torchères de raffineries, de brûlages contrôlés, de volcans ou de réverbérations. Un point isolé, de faible puissance, vu une seule fois, mérite le doute. Un groupe de points qui persiste d'un passage à l'autre est presque toujours un incendie.
- Pourquoi le feu d'hier a-t-il disparu de la carte ?
- Un satellite détecte de la chaleur, pas une surface brûlée. Une fois le front passé, le sol refroidit en quelques heures et il n'y a plus rien à détecter, même si le terrain reste noir pendant des mois. La liste des feux conserve chaque foyer pendant trente jours, avec ses dates et son emprise.
- Combien de temps faut-il pour qu'un feu apparaisse ?
- Environ trois heures après le passage d'un satellite polaire, le temps que la NASA traite et publie les données. Les satellites géostationnaires sont plus rapides, souvent moins d'une heure, mais ne voient que les feux assez puissants. GISFire interroge les deux et se rafraîchit toutes les trente minutes.
- L'emprise en hectares est-elle la surface brûlée ?
- Non, elle la majore. L'emprise est l'union des empreintes au sol des pixels détectés, chaque pixel comptant en entier même si seule sa lisière brûle. La surface brûlée se mesure après coup, sur imagerie ou au sol, et elle est toujours inférieure à l'emprise.
Sources
Aller plus loin
Les feux de forêt pays par pays
Chaque page donne les foyers détectés au cours des trente derniers jours dans le pays, avec leurs dates, leur emprise et un lien vers la fiche de chaque feu.
EspagnePortugalItalieGrèceTurquieCroatieAllemagneRoyaume-UniUkraineRoumanieBulgarieSerbieBosnie-HerzégovineAlbanieMacédoine du NordMonténégroChypreSuisseBelgiquePologneÉtats-UnisCanadaMexiqueBrésilArgentineChiliBolivieParaguayColombiePérouVenezuelaAustralieIndonésiePhilippinesThaïlandeBirmanieVietnamCambodgeLaosIndePakistanNépalChineMongolieKazakhstanRussieIranIrakSyrieAlgérieTunisieMarocLibyeÉgypteSoudanSoudan du SudÉthiopieKenyaTanzanieMozambiqueZimbabweZambieAngolaAfrique du SudMadagascarRépublique démocratique du CongoCentrafriqueCamerounTchadNigeriaGhanaCôte d'IvoireMaliBurkina FasoSénégalGuinée
© 2026 SARO · Gistin. Tous droits réservés. L'interface, sa présentation et les contenus de GISFire sont protégés ; leur reproduction ou leur imitation est soumise à autorisation écrite. Les données sources restent la propriété de leurs producteurs respectifs, voir les crédits.